La dénationalisation tranquille, Boréal, septembre 2007.

 

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Biographie

 

 

Allons-y de quelques confidences : conservateur attaché à son 450, désireux de retrouver son royaume et sa couronne nord, je suis pour l’instant en exil montréalais. J’y mène doublement la carrière de thésard et d’essayiste. Après des études de premier cycle en philosophie, je me suis tourné vers la sociologie, pour retrouver une réalité que la première a malheureusement tendance à bouder. Dans ce cadre, c’est la société québécoise qui m’intéresse, ou plus justement dit, le peuple québécois, dans sa réalité historique, son expression politique et sa différence nationale.

 

Mes études doctorales, pour lesquelles je dispose d’une bourse du FQRSC, sont consacrées à la genèse du malaise démocratique qui traverse les sociétés contemporaines et qui s’exprime particulièrement dans le sentiment de plus en plus prononcé de leur dissolution. C’est la conversion des sociétés occidentales au multiculturalisme et le pilotage d’une telle opération par l’État thérapeutique qui m’intéresse.

 

Je travaille aussi actuellement comme directeur de la recherche à l’Institut de recherche sur le Québec, un think tank qui cherche à mieux définir les intérêts vitaux du Québec et l’identité qu’ils recouvrent. Il m’arrive aussi d’intervenir ici et là dans les médias, pour défendre certaines idées qui me semblent se confondre avec la défense du bon sens.

Nul peuple ne résisterait à une telle épreuve. Cette manie singulière de se dénigrer soi-même, d’étaler ses plaies, et comme d’aller chercher la honte, serait mortelle à la longue. Beaucoup, je le sais, maudissent ainsi le présent, pour hâter un meilleur avenir ; ils exagèrent les maux, pour nous faire jouir plus vite de la félicité que leurs théories nous préparent. Prenez garde, pourtant, prenez garde. Ce jeu-là est dangereux. L’Europe ne s’informe guère de toutes ces habiletés. Si nous nous disons méprisables, elle pourra bien nous croire.

 

Jules Michelet, Le peuple