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Mathieu Bock-Côté
TQS / L’avocat du diable, 22 août 2008Voteriez-vous pour le PQ s’il laissait tomber la souveraineté?
Selon le sociologue Mathieu Bock-Côté, la question de la souveraineté est en panne historique et a déjà été mise de côté par Pauline Marois ; toutefois, le projet est toujours intéressant, mais doit se renouveler.[…]
Le Devoir, 31 mai 2008 Marcuse, inspirateur de la commission Bouchard-Taylor Mathieu Bock-Côté
Mise en place au printemps 2007 pour résoudre la crise des accommodements raisonnables, la commission Bouchard-Taylor se sera fait connaître à travers ses forums publics, qui auront révélé le malaise de l'intelligentsia québécoise par rapport aux classes populaires. Un malaise confirmé avec la publication du rapport final de la commission, il y a quelques jours. Plutôt qu'une simple expression de la condescendance des intellectuels envers les classes populaires, il faut plutôt reconnaître dans ce malaise le symptôme d'une transformation des rapports entre l'intelligentsia et le peuple depuis quelques décennies. Pour comprendre ce phénomène du point de vue de l'histoire intellectuelle, on croisera nécessairement plusieurs figures comme celles de Michel Foucault, d'Alain Touraine et surtout celle d'Herbert Marcuse. […]
France Culture / Du grain à moudre, 30 mai 2008 En direct du Québec: le 400e anniversaire de la ville de Québec ou le 400e anniversaire du Canada?
Brice Couturier s’entretient avec Mathieu Bock-Côté et Jocelyn Létourneau. […]
La Presse, 29 mai 2008 Mathieu Bock-Côté
La seule lecture des recommandations un peu fades du rapport Bouchard-Taylor fait écran au caractère radical du diagnostic qui s'y trouve. Loin d'être un rapport de «sages» comme l'ont affirmé trop de journalistes très pressés d'en célébrer la pertinence, il s'agit d'un document fortement idéologique plaidant pour l'implantation définitive du multiculturalisme au Québec. Il faut lire tout le rapport malgré son vocabulaire codé, crypté même, symptomatique de la langue de bois politiquement correcte, pour en comprendre les enjeux. On verra alors se dessiner une nouvelle manière de penser le Québec qui n'est pas sans susciter de vives inquiétudes. […]
Radio-Canada / Vous êtes ici, 12 mai 2008 Une colère contre la rectitude politique Entretien avec Patrick Masbourian
Pour le jeune sociologue Mathieu Bock-Côté, la rectitude politique est aujourd'hui une forme de censure pernicieuse qui neutralise la démocratie. On transforme ses adversaires en ennemis et ses ennemis en ennemis de l'humanité. […]
Le Devoir, 24 avril 2008 Éthique et culture religieuse - Un utopisme malfaisant Mathieu Bock-Côté
Avec la mise en ligne d'une vidéo faisant la promotion du programme Éthique et culture religieuse, la nomenklatura qui contrôle le ministère de l'Éducation s'est dévoilée. Au sens propre, cette vidéo verse dans un marketing idéologique caricatural qui rappelle la vieille propagande du régime soviétique, à la fois par la méthode et par le ton. […]
TVA, 13 mars 2008 Un artiste peut-il être de droite?
Le Devoir, 11 mars 2008 Mathieu Bock-Côté
On ne sait pas si la chute actuelle de Nicolas Sarkozy dans les sondages durera. Ce qui est certain, c'est qu'elle suscite actuellement une vague de commentaires dans les démocraties occidentales. Tous semblent faire le même constat: si la politique de Nicolas Sarkozy en laisse certains froids et semble en réjouir d'autres, son comportement d'une indéniable vulgarité accélère la ruine de sa réputation. […]
Le Devoir, 5 février 2008 Mathieu Bock-Côté
Simplisme! Le verdict prononcé par le président de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), Réjean Parent, disqualifiait d'un mot l'appel lancé par Mario Dumont pour un moratoire sur la réforme scolaire accompagné d'un retour à la discipline, à l'autorité et au vouvoiement dans les salles de cours. À la suite de quelques personnalités associées au Parti québécois (PQ), le chef adéquiste transposait ainsi la lutte contre la réforme scolaire dans l'arène politique, en la sortant des seuls colloques académiques où elle était contenue depuis plusieurs années. […]
Revue RND, Janvier-février 2008, vol.106, n.1, p.21-22 Retrouver la fierté d’être ce que nous sommes Mathieu-Robert Sauvé
Depuis l’échec du référendum de 1995, les Québécois se sont cherché une identité plus « cosmopolite et multiculturelle » ; moins « refermée sur elle-même ». Ils ont ainsi renié leurs racines historiques et leur culture propre. Ils ont « dénationalisé » l’identité nationale. […]
LCN, 20 janvier 2008 Y a-t-il un conflit des generations? Entrevue sur l’Enquête du Journal de Montréal
LCN, 14 janvier 2008 Entrevue sur la régression du français à Montréal
LCN, 4 décembre 2007 Entrevue sur la régression du français dans le cadre du dernier recensement
Les publications universitaires, 9 janvier 2008 Entretien sur La cité identitaire
Le Devoir, 12-13 janvier 2008 Louis Cornellier
Comme pour donner raison à Parizeau, qui affirme que la souveraineté du Québec n'est pas que le projet d'une génération, L'Action nationale donne beaucoup de place, dans ce numéro, au jeune Mathieu Bock-Côté, un des plus brillants intellectuels souverainistes de l'heure. Dans un riche dialogue avec l'historien Charles Courtois, Bock-Côté varlope avec brio l'idéologie multiculturaliste qui, selon lui, aurait dénaturé le nationalisme québécois. […]
L’Action nationale, 17 décembre 2007 Mathieu Bock-Côté, La dénationalisation tranquille Guillaume Rousseau
Avouons-le d’emblée, il s’agit là d’un ouvrage d’une grande qualité, au style académique certes, mais dont la rigueur de l’exposé n’a d’égale que la force des convictions. Et La dénationalisation tranquille c’est aussi, et surtout, un livre qui tombe à pic, car il explique avec des mots savants le psychodrame que le Québec vit en ce moment. […]
Le Figaro-Magazine 7 décembre 2007 La dénationalisation tranquille Jean Sévillia
Par définition, la pensée qui considère la mondialisation comme un mécanisme inéluctable et bienfaisant n'a pas de frontières. A l'en croire, des différences de civilisation, de nation ou de religion seraient vouées à l'extinction, devant tôt ou tard céder la place à un univers uniforme et globalisé. Répandue partout-du moins en Occident-, cette idéologie suscite partout des opposants: on ne saurait brader des réalités multiséculaires, rappellent-ils, sans violer la nature sociale et sans nier l'Hiistoire, au risque de provoquer un brusque retour du refoulé. Ce débat, les Québécois le connaissent de manière d'autant plus aigüe que, depuis la "révolution tranquille" des années 60 jusqu'au multiculturalisme actuel, leur identité a été sévèrement bousculée. Mathieu Bock-Cöté, diplômé en philosophie et doctorant en sociologie, appartient aux cercles intellectuels conservateurs de Montréal. Dans ce livre ou, citant Pierre Manent, Régis Debray ou Alain Finkielkraut, il critique les thèses de ses compatriotes Jocelyn Létourneau ou Gérard Bouchard, le jeune essayiste s'interroge sur la signification d'un souverainisme qui, en renonçant à toute affirmation nationale, semble s'être désincarné, s'interdisant de remplir son rôle initial de défense de la spécificité quiébécoise. Des propos politiquement incorrects, frais comme le vent de l'Atlantique.
Options politiques, décembre-janvier 2008 Alain Noël
L’automne 2007 a été identitaire. Pendant que Gérard Bouchard et Charles Taylor faisaient leur tournée pour entendre les Québécois parler de leurs craintes et de leurs espoirs, Jean Charest proposait d’amender la Charte des droits et libertés pour assurer la primauté de l’égalité hommes-femmes sur la liberté de religion, Pauline Marois déposait un projet de loi sur la citoyenneté, et Mario Dumont… continuait d’être Mario Dumont. Derrière ce brouhaha se profilaient de nouvelles idées sur la question nationale. Mathieu Bock-Côté et Jean-François Lisée, notamment, ont prôné, chacun à sa façon, une réhabilitation du « nous » québécois. Le premier est de droite, et le second de gauche, mais ils se rejoignent à peu près sur l’identité. […]
Radio-Canada, 29 novembre 2007 La dénationalisation tranquille Entrevue à l’émission Estrie-Express
Quand Mathieu Bock-Côté parle de la nation, on entend un peu le général de Gaulle. Drôles de lectures pour un jeune! Entretien avec un nationaliste sans complexes. […]
Journal L'UQAM, 12 novembre 2007 Claude Gauvreau
Comme Obélix, il est tombé dedans quand il était petit. Sa potion à lui, c'est la politique. «Mon père, un fervent nationaliste, était professeur d'histoire du Québec au Cégep de Rosemont. Il me faisait écouter les discours du général De Gaulle alors que j'étais encore au berceau», raconte en riant Mathieu Bock-Côté qui poursuit actuellement des études de doctorat en sociologie à l'UQAM. Âgé de 27 ans, Mathieu Bock-Côté vient de publier son premier essai, La dénationalisation tranquille (Boréal), ouvrage décapant qui critique les élites souverainistes pour avoir dissocié le projet de souveraineté de la défense de l'identité nationale des Québécois francophones et ce, au nom d'un nationalisme civique édulcoré. Il a aussi codirigé, avec le sociologue Jacques Beauchemin, la publication de La cité identitaire, ouvrage collectif paru chez Athéna éditions. […]
www.lactualite.com, 11 novembre 2007 La dénationalisation tranquille Micheline Lachance
Avec ce brûlot, Mathieu Bock-Côté nous ramène aux basics, à Fernand Dumont, penseur par excellence de la nation franco-québécoise. Foin, donc, des partisans de la «dénationalisation tranquille», les historiens Gérard Bouchard, Jocelyn Létourneau et Claude Bariteau, et l'éditorialiste André Pratte. Culpabilisés par la déclaration de Parizeau sur «l'argent et des votes ethniques » au référendum de 1995, asservis à la rectitude politique qui déferle sur nos universités, dit-il, ces essayistes pensent le Québec en dehors de sa matrice historique fondamentale: la nation. Au nom du pluralisme identitaire, d'un nationalisme dit «civique», et d'un multiculturalisme fourre-tout à la canadienne, ils nient la pertinence du «nous», dont ils ont honte, dans la construction de notre histoire. Ce jeune philosophe et sociologue de 30 ans rappelle que la nation est têtue. Le débat sur les accommodements raisonnables, loupé par les péquistes, en est la dernière manifestation. Selon lui, la nation franco-québécoise est moins malléable que ne le croient ces «ingénieurs identitaires» qui font table rase du passé national pour se convertir aux idées trudeauistes et canadianiser l'identité nationale des Québécois. Bock-Côté souligne aussi que la nation est un héritage. Elle n'est ni une construction juridique ni un bricolage d'identités disparates. Les fossoyeurs de la nation peuvent la faire disparaître de leur écran radar, elle n'en continue pas moins d'exister dans le monde réel.
CHOQfm, 9 novembre 2007 Mathieu Bock-Côté, La dénationalisation tranquille Entrevue avec Guillaume Lamy
Cette semaine, l’équipe des publications universitaires s’est entretenue avec Mathieu Bock-Côté. Étudiant au doctorat en sociologie à l’Université du Québec à Montréal, les recherches de Mathieu Bock-Côté cernent principalement l’idée de la nation. En plus d’être chroniqueur à Télé-Québec et de participer à de nombreux débats médiatiques, on peut lire Mathieu Bock-Côté dans plusieurs revues, telles que : la revue Argument, le bulletin d’histoire politique et surtout dans L’Action nationale.Mathieu Bock-Côté a répondu à nos questions à propos de son dernier livre : « La dénationalisation tranquille » publié chez Boréal, cette année. [Écoutez l’entrevue en ligne]
L’Action nationale, novembre-décembre 2007 Dialogue sur le multiculturalisme québécois Entretien avec Charles Courtois
Mathieu Bock-Côté s’impose aujourd’hui comme un des critiques les plus pertinents du multiculturalisme à la québécoise. Il n’a de cesse de critiquer la religion multiculturelle et le politiquement correct qui lui sert de machine à censurer. Dans son livre La denationalisation tranquille, il propose une critique très sévère de la culture politique post-référendaire et de la conversion forcée de l’identité québécoise au chartisme pluraliste. L’historien Charles Courtois, nationaliste de tendance républicaine, cherche à pousser Bock-Côté dans ses derniers retranchements. Conversation sur l’avenir du nationalisme et du Québec. […]
98,5fm/Le Journal du Midi, 25 octobre 2007 Le projet de loi 195 du Parti Québécois Entrevue avec Gilles Proulx
Le Devoir, 25 octobre 2007 Loi sur l'identité - Quand les péquistes reviennent au bon sens Mathieu Bock-Côté
La levée de boucliers contre le projet de citoyenneté mis en avant par Pauline Marois en dit beaucoup au sujet du conditionnement politiquement correct d'une certaine élite québécoise. Il aura suffi de quelques heures pour que se mobilise le clergé pluraliste avec son habituel chapelet d'injures: pour regagner un électorat évidemment soupçonné des pires sentiments, le chef du Parti québécois prendrait des libertés avec l'impératif de la diversité en instituant une citoyenneté s'enracinant explicitement dans l'identité québécoise telle qu'elle est portée par la majorité francophone. […]
Radio-Canada, 9 octobre 2007 Mathieu Bock-Côté: une idée de la nation Entrevue avec Christiane Charette « On ne peut occulter l'identité d'un peuple sans la voir revenir sur le devant de la scène », estime Mathieu Bock-Côté. Selon lui, les débats qui font rage actuellement au Québec sont une façon pour les Québecois de se réapproprier l'idée qu'ils se font d'une nation, avec toutes les nuances que ça implique. [Écoutez l’émission en ligne]
Le Devoir, 6 et 7 octobre 2007 Bock-Côté contre les fossoyeurs de la nation Louis Cornellier
Le jeune homme, doctorant en sociologie, préparait son coup depuis quelques années. On le voyait, l'entendait et le lisait de plus en plus souvent, sur différentes tribunes, savantes ou populaires, toujours à s'insurger contre un certain progressisme identitaire, contre le virage civique du nationalisme québécois sur la défensive. Intellectuel hyperactif se réclamant de la tradition conservatrice, au sens philosophique du terme, Mathieu Bock-Côté, notamment dans les pages de L'Action nationale, critiquait sans relâche les élites souverainistes qui avaient peur de leur ombre nationale. […] Élégant styliste et penseur supérieurement intelligent, Bock-Côté, qui n'a pas 30 ans, signe ici un essai important et roboratif qui va mettre le feu aux poudres. En faisant l'impasse sur le pluralisme identitaire -- il le congédie au nom «d'un gaullisme à la québécoise, existentiel et intellectuel» -- et en jouant le sens commun populaire contre les élites, il s'expose en effet à une volée de bois vert. Il est capable d'en prendre. […]
Le Québécois, Octobre 2007 La dénationalisation tranquille Patrick Bourgeois
Mathieu Bock-Côté n'a pas attendu le débat sur les accommodements raisonnables pour enfourcher un cheval de bataille lui permettant de dénoncer la désincarnation que certains intellectuels font subir au projet souverainiste. Pour le jeune militant, il est clair que tout souverainisme digne de ce nom ne peut s'extraire d'une réalité nationale dont les racines puisent dans le Canada français. Dans cet essai, il étoffe sa pensée à ce sujet. Il est particulièrement intéressant de suivre les analyses de Bock-Coté eu égard aux positions des nationalistes civiques, eux qui ont en aversion les nationalistes ethniques. Très intéressant aussi d'y voir à quel point Gérard Bouchard a tenté depuis 1999 de réviser notre histoire afin d'y intégrer toutes les identités qui se trouvent dès lors sur un parfait pied d'égalité. Jocelyn Létourneau et sa vision non-nationale du Québec (ce qui revient à le canadianiser) subissent également les foudres de Bock-Côté. Dans cet essai, Bock-Côté s'appuie sur une pléthore de penseurs solides, (peut-être un peu trop puisque le jeune homme est en parfaite maîtrise du sujet, il aurait donc pu se faire davantage confiance), ce qui rend son propos très convaincant. À lire.
La Presse, 23 septembre 2007 Daniel Lemay
«La mise à niveau de toutes les identités déboulonne la nation.» Le timing est parfait: au moment même où la Commission sur les accommodements raisonnables prend son erre d'aller - 300 personnes mercredi à Chicoutimi, fief de Gérard Bouchard -, Mathieu Bock-Côté lance La Dénationalisation tranquille, une «étude en forme d'essai» où il n'est nullement question de la privatisation de la Société des alcools… […]
Le Devoir, 21 septembre 2007 Gérard Bouchard doit résoudre une crise qu'il a contribué à créer, dit le sociologue Antoine Robitaille
Il y aurait un grand paradoxe avec la Commission sur les accommodements raisonnables: un de ses coprésidents, Gérard Bouchard, est appelé à résoudre une crise qu'il a, au fond, contribué à créer. C'est du moins ce que croit fermement le sociologue Mathieu Bock-Côté, jeune polémiste hyperactif -- né l'année du premier référendum --, qui publie cette semaine La Dénationalisation tranquille (Boréal), un premier essai attendu. […]
Voir, 20 septembre 2007 Elias Levy
Mathieu Bock-Côté : « Nous n’aidons certainement pas les nouveaux arrivants à rejoindre la nation québécoise en leur envoyant le signal qu’il s’agit d’une nation sans énergie, en pleine décomposition. » La nouvelle identité québécoise multiculturelle, que s’escriment à forger les hérauts de la culture politique postréférendaire, n’est qu’une entreprise de séduction politique des plus délétères, soutient le sociologue Mathieu Bock-Côté. […]
Ici, 20 septembre 2007 Pierre ThibeaultJe ne suis pas un grand fan de Mathieu Bock-Côté. Ce n’est pas le fait qu’il soit de droite qui me gêne dans son discours. C’est plutôt qu’il me rappelle d’anciennes lectures que je souhaiterais avoir oubliées. Si le chanoine est bel et bien mort et enterré, Bock-Côté constitue la preuve par neuf de la persistance de sa pensée dans l’esprit de certaines élites québécoises. Reste que je respecte le personnage. Et son plus récent ouvrage, La dénationalisation tranquille (Boréal) a le grand mérite de donner quelques coups de pied dans les fourmilières du multiculturalisme à tout crin. […]Le Devoir, 15-16 septembre 2007Le manque d'épaisseur de la nation civique [Extrait de La dénationalisation tranquille, Boréal, 2007]
Disons-le encore une fois: à l'identité nationale des Québécois, on a substitué les «valeurs québécoises», censées donner un nouveau contenu à l'appartenance au Québec. On parlera donc de l'apparition d'un souverainisme multiculturel et progressiste, d'un souverainisme qui ne mobilise plus l'imaginaire national des Québécois pour avancer politiquement mais qui espère plutôt les séduire et les convaincre avec la promesse d'une nouvelle société, faite pour plaire à ceux qui croient qu'un autre monde est possible et que le moment fondateur d'un nouveau pays est une occasion privilégiée pour reconstruire radicalement les paramètres par lesquels une société parvient à s'instituer. Quoi qu'il en soit, il faut aplatir la dimension historique du projet souverainiste et lui trouver de nouvelles raisons fortes, au présent comme au futur, sans faire de l'indépendance l'aboutissement d'un parcours historique particulier, sans non plus s'accrocher à la mythologie nationaliste qu'entretiennent les acteurs sociaux un peu malgré eux en refusant quelquefois de s'extraire d'une appartenance frileuse. […]
Le Devoir, 4 avril 2007 Pour sortir du coma idéologique Trois constats sur le déclin du souverainisme progressiste
Que s'est-il passé le 26 mars? Cette question centrale pour l'avenir du nationalisme québécois, les militants péquistes seront tentés de l'esquiver en se rabattant sur la seule remise en question du leadership d'André Boisclair, qui s'engagera quant à lui dans la liquidation d'une stratégie référendaire toute désignée pour recevoir le blâme de la défaite. Pourtant, cette déroute historique exigera l'ouverture d'un chantier intellectuel entreprenant à travers trois grands constats le bilan du souverainisme post-référendaire tel qu'il s'est élaboré depuis un peu plus d'une décennie et qui aura mené le camp national à une crise peut-être fatale pour l'option dont il est comptable et mandataire. […]
Le Devoir, 28 décembre 2006 Harper, un guide pour les souverainistes?
Dans un discours consacré à la reconnaissance de la nation québécoise, le premier ministre Stephen Harper, de passage à Jonquière, a récemment rappelé la contribution historique du Québec à la genèse du Canada. Celui-ci aurait toutefois contribué à la préservation de la différence québécoise en reconnaissant au fil du temps ses conséquences politiques par une série d'aménagements constitutionnels. Québec et Canada se devraient mutuellement leur existence et seraient appelés pour cela à collaborer durablement dans la pratique d'un fédéralisme assoupli et décentralisé. […]
La Presse, 22 décembre 2006
Ça y est! Un autre interdit. Et pas un petit: plus de fêtes de Noël! Trop traditionnelles. Trop chrétiennes. Surtout trop occidentales, et pas assez inclusives. C'est désormais la directive à Patrimoine Canada, multiculturalisme oblige. Ce ministère bien mal nommé se fait désormais zélote pour la catéchèse pluraliste: pour n'offusquer personne, javellisons vite deux millénaires d'histoire occidentale et au passage, quelques siècles d'histoire canadienne et québécoise. […]
Le Devoir, 21 novembre 2006 Derrière la laïcité, la nation
L'actualité récente nous confirme l'ampleur des problèmes soulevés par la philosophie de l'accommodement raisonnable: du cas du YMCA à celui des policières de Montréal en passant par le dernier événement en date concernant la ségrégation sexuelle de certains cours prénatals où les hommes ne sont plus tolérés et sont invités à se rendre dans des quartiers où leur présence n'incommodera pas les sensibilités minoritaires, on constate bien que le problème de l'accommodement raisonnable dépasse amplement le milieu scolaire où il s'était d'abord manifesté et interpelle la nature du pacte national qui lie les Québécois entre eux. […]
Le Devoir, 4 novembre 2006 Le devoir de Philo
Du nationalisme «exclusif» au nationalisme «inclusif»: pour les porte-parole du souverainisme officiel, c'est ce basculement d'un modèle à l'autre qui serait la grande réussite des dernières années québécoises. Un demi-siècle après sa Révolution tranquille, le Québec, enfin désendetté de son passé canadien-français, aurait terminé sa sortie de la grande noirceur en se déprenant d'un «nationalisme ethnique» dont on traquera désormais les dernières manifestations. […]
La Presse, 9 août 2006 Un succès durable
L'actuelle crise libanaise éloignera probablement pour un moment de Stephen Harper l'électorat francophone. Car le pacifisme de la société québécoise s'est métamorphosé au fil de l'histoire en demeurant un paramètre déterminant de sa culture politique. L'appui à l'État hébreux et l'alignement sur Washington trouveront difficilement un écho favorable dans une opinion publique ralliée à un isolationnisme ne considérant plus la politique étrangère que du point de vue de l'humanitarisme onusien, comme en témoignent les plus récents sondages. Il n'en demeure pas moins que le premier ministre disposait jusqu'alors d'une sympathie croissante au Québec, qui refera probablement surface une fois la crise passée, ce que la plupart des commentateurs auraient refusé d'envisager sérieusement il y a de cela quelques mois. […]
La Presse, 14 juin 2006 Il ne faut pas amender la réforme pédagogique, il faut en suspendre au plus tôt l'application, pour prendre un tournant semblable à celui de la Révolution tranquille.
À leur dernier Conseil national, certains péquistes ont questionné la fameuse réforme pédagogique qui suscite une inquiétude de plus en plus marquée dans la population. Cela peut surprendre, dans la mesure où le document préparé par l'exécutif national concernait à la fois le financement des écoles privées et leur autonomie en matière de sélection des élèves. […]
Le Devoir, 31 mai 2006 Contre la féodalisation de la société
Ce n'est pas nécessairement un paradoxe, mais cela pourrait aisément en donner l'impression. D'un côté, Michel Kelly-Gagnon, l'homme de droite, le défenseur du capitalisme, qui préfère un État modeste, centré sur ses principales fonctions, n'entravant surtout pas le développement économique de la société québécoise. De l'autre, Michel Venne, l'homme de gauche, qui en appelle à la reconstruction progressiste de notre société et qui s'oppose avec force à la modernisation libérale du modèle québécois (Le Devoir, le 29 mai 2006). […]
Le Devoir, 6 mars 2006 La religion multiculturelle contre la démocratie
C'est un autre symptôme de notre impuissance politique. La Cour suprême du Canada, désormais gardienne officielle de la foi multiculturaliste, vient d'autoriser le port du kirpan à l'école, malgré les désirs d'une société québécoise presque unanimement contre. […] |


Nul peuple ne résisterait à une telle épreuve. Cette manie singulière de se dénigrer soi-même, d’étaler ses plaies, et comme d’aller chercher la honte, serait mortelle à la longue. Beaucoup, je le sais, maudissent ainsi le présent, pour hâter un meilleur avenir ; ils exagèrent les maux, pour nous faire jouir plus vite de la félicité que leurs théories nous préparent. Prenez garde, pourtant, prenez garde. Ce jeu-là est dangereux. L’Europe ne s’informe guère de toutes ces habiletés. Si nous nous disons méprisables, elle pourra bien nous croire.
Jules Michelet, Le peuple |
